Sommes-nous vraiment prêts à retourner à notre routine ?

eXtinction Rebellion Luxembourg

Avant de retourner à la routine, des débats, discussions et autres examens publics sont nécessaires.

Il était près de 19h15. Nous nous promenions près du pont Adolphe, à mi-chemin entre la gare de Luxembourg et le centre-ville. Nous avons entendu les sirènes des véhicules d'urgence; au moins six camions de pompiers et ambulances se précipitaient vers la gare. Plus tard, nous apprenions qu'un incendie s'était déclaré dans notre voisinage. Toutes sortes d'équipes de professionnels ont agi rapidement pour stopper cet incendie à Luxembourg. Pendant ce temps, de nombreux incendies continuent à ravager l'Amazonie, au Brésil, au beau milieu de cette pandémie:

« la déforestation en Amazonie a atteint un niveau record depuis janvier. Cette déforestation est de 55% supérieure à celle de la même période de 2019. » (source: France Info)

La forêt pluviale amazonienne est populairement appelé le « poumon de la Terre ». Même si cette analogie est incorrecte, sa capacité d'absorption (entre 20 et 25% des émissions de dioxide de carbone planétaires) est loin d'être négligeable. Ironiquement, au même moment, nous subissons le coronavirus qui s'attaque principalement aux poumons. Peut-être, faut-il aussi y voir une métaphore ?

Ci-dessous figurent les références de deux des meilleurs articles que j'aie pu lire en avril en rapport avec le coronavirus. Il faut les lire, y réfléchir et en discuter avec les personnes qui vous sont chères, avant que vous ne retourniez à votre routine.

Le premier article est écrit par les sommités mondiales de la biodiversité ; après avoir étudier les liens entre les maladies infectieuses et la crise climatique, ces experts en ont tiré les conclusions suivantes, présentées le 27 avril dernier :

Une seule espèce est responsable de la pandémie de COVID-19 : la nôtre. Comme pour les crises climatiques et de biodiversité, les récentes pandémies sont une conséquence directe de l’activité humaine, en particulier nos systèmes financiers et économiques mondiaux, basés sur un paradigme limité qui valorise la croissance économique à tout prix. Nous avons une fenêtre de courte durée pour surmonter les défis de la crise actuelle et éviter de semer les germes de futures autres.

Les maladies comme le COVID-19 sont causées par des micro-organismes qui infectent notre corps, plus de 70 % de ces maladies émergentes humaines provenant de la faune sauvage et des animaux domestiques. Les pandémies, cependant, sont causées par des activités qui mettent un nombre croissant de personnes en contact direct et souvent en conflit avec les animaux porteurs de ces agents pathogènes.

La déforestation effrénée, l’expansion incontrôlée de l’agriculture, l’agriculture intensive, l’exploitation minière et le développement des infrastructures, ainsi que l’exploitation des espèces sauvages ont créé les « conditions parfaites » pour la propagation des maladies de la faune aux humains. Cela se produit souvent dans les zones où vivent les communautés les plus vulnérables aux maladies infectieuses.

Ceci n’est pourtant peut-être qu’un début. … Les futures pandémies sont susceptibles de se produire plus fréquemment, de se propager plus rapidement, avec des répercussions économiques plus graves et de tuer plus de personnes si nous ne sommes pas extrêmement prudents quant aux impacts possibles des choix que nous faisons aujourd’hui.

(Article intitulé « Les mesures de stimulation liées au COVID-19 doivent sauver des vies, protéger les moyens de subsistance et sauvegarder la nature pour réduire le risque de futures pandémies » a été écrit par quatre experts invités de l’IPBES - Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, à savoir les professeurs Josef Settele, Sandra Díaz, Eduardo Brondizio et le Dr Peter Daszak. Cet article est disponible en français ainsi que dans d'autres langues.)

De manière similaire, un autre scientifique de premier plan, l'américain Thomas Lovejoy qui a travaillé dans l'Amazonie brésilienne depuis 1965 et à qui nous devons le terme de « diversité biologique » (ou biodiversité) note que « cette [pandémie] n'est pas une revanche de la nature; nous nous la sommes infligée. » (lire l'article 'We did it to ourselves': scientist says intrusion into nature led to pandemic publié par The Guardian, en anglais).

Peut-être vous rappelez-vous du récent avertissement (en 2018) des Nations Unies annonçant qu'il ne nous restait que 12 ans pour empêcher une augmentation de 1,5ºC par rapport à la température de l'ère préindustrielle mais que, quoiqu'il en soit, nous allions souffrir. Mais voilà, bien que pour y arriver nous devions couper les émissions de dioxyde de carbone de 7,6 % par an pour chaque année de la prochaine décennie, la réalité est que durant le confinement quasi-généralisé lié au coronavirus, nos émissions globales ramenées sur l'année n'auront probablement été réduites que de seulement 5,5 % environ (cf l'article intitulé “Airlines and oil giants are on the brink. No government should offer them a lifeline” écrit par George Monbiot pour The Guardian, en anglais).

(Pour ce qui concerne la limite de température, Lovejoy a noté depuis longtemps déjà : « Il est tout à fait clair que la cible de 2 degrés Celsius comme limite au changement climatique était découlait surtout de ce qui semblait commode et faisable sans mention à ce que cela signifie réellement pour l’environnement. Deux degrés est en fait bien trop pour les écosystèmes. » (traduit d'un extrait du livre de Dahr Jamail The End of Ice, p. 159). En effet, même des enfants sont capables de comprendre que si la température de l'eau d'un aquarium est augmentée de 2ºC, le poisson va en mourrir.

Le second article s'intitule “A Future Filled With Pathogens” et est écrit par Dahr Jamail, un journaliste américain.

Vous rappelez-vous que l’Antarctique a connu cet hiver la température la plus élevée jamais enregistrée avec 20,75°C ? « Les maladies et les éléments pathogènes congelés dans les profondeurs du pergélisol arctique sont déjà en train de se libérer sous l'action du réchauffement global qui entraîne le dégel du permafrost. En août 2016, un jeune garçon est mort et 20 autres ont été hospitalisés en Sibérie après une exposition à l'anthrax libéré par le dégel du permafrost. La source était une carcasse infectée de de renne qui avait été congelée 75 ans plus tôt et qui s'était décongelée durant la vague de chaleur de l'été 2016. L'anthrax s'est répandu dans l'eau et le sol où d'autres rennes, une composante du régime alimentaire sibérien, paissaient, exposant ainsi la population humaine. » « Une étude de la NASA datant de 2005 a prouvé qu'il était possible de réanimer des bactéries congelées pendant 32 000 ans et en 2007, des scientifiques ont réanimé des bactéries de l'Antarctique qui avait été congelées pendant huit millions d'années. »

La pandémie planétaire liée au coronavirus n'est qu'un commencement, même si nos leaders veulent mettre la priorité sur l'économie et revenir à la routines. Les lobbyistes des affaires, quant à eux, sont plus occupés que jamais à faire prospérer leurs intérêts dans ces temps de crises et de prises de conscience (cf sur Corporate Europe Observatory, “Coronawash alert! How corporate lobbyists are cynically exploiting the pandemic”, publié le 29 avril 2020 en anglais).

Finalement, l'ajouterais un article en plus sur Peter Piot, un virologue belge ayant survécu au COVID-19 et qui est aussi un conseiller de la Présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen pour ce qui concerne le coronavirus: à lire sur Science, “‘Finally, a virus got me.’ Scientist who fought Ebola and HIV reflects on facing death from COVID-19”, par Dirk Draulans, publié le 8 mai 2020 en anglais. En voici un petit extrait que j'ai traduit:

« Beaucoup de gens pensent que le COVID-19 tue 1% des patients et que le reste s'en sort avec quelques symptômes grippaux. Mais l'histoire se complique. Beaucoup de gens en garderont des problèmes chroniques rénaux et cardiaques. Même leur système neural est perturbé. Il y aura des centaines de milliers de personnes de par le monde, peut-être plus, qui nécessiteront des traitements tels que des dialyses rénales pour le reste de leurs vies. »

« Sans un vaccin au coronavirus, nous ne serons plus jamais capable de vivre à nouveau normallement. »

Je sais que beaucoup de résidents aisés du Luxembourg pensent que nous devons retourner à nos routines aussi vite que possible... et que, ce faisant, nous pouvons nous permettre de polluer notre environnement au moins autant qu'avant; par exemple, en conduisant des voitures luxueuses aux cylindrées démesurées... car, après tout, on a presque pas pollué pendant deux mois, donc « on peut se le permettre ! » mais c'est faire preuve d'amnésie volontaire concernant le réchauffement climatique et faire peu de cas du Country overshoot days 2020, soit le 16 février pour le Luxembourg.

Après tout, être riche ne confère pas le droit à l'imbécilité arrogante! (même si certains présidents d'états se fendent de moults efforts et déclarations pour nous prouver le contraire)

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