Comment tenir bon durant le confinement ? Notre cas luxembourgeois (1)

Magnifiques rhododendrons à deux pas en bas de chez moi

Il y a quelques années, alors que je profitais avec mon compagnon du fameux Happy Hour de la Brasserie Alfa, en face de la gare de Luxembourg, deux vétérans américains de la Seconde Guerre Mondiale étaient assis à côté de nous au comptoir. Je suis japonaise, expatriée depuis bien longtemps, et mon partenaire est belge. Ils nous ont raconté leur « pèlerinage des Grandes Guerres » commencé en Normandie, en passant par la Marne et Verdun, et qu’ils poursuivaient vers Bastogne. Avant de les quitter, je leur ai indiqué les endroits à visiter en ville en glissant malicieusement que la brasserie bordait le « quartier chaud », ce à quoi l’un d’eux a lancé d’un ton juvénile « Vous plaisantez ?! Par où y va-t-on ? » et nous nous sommes tous mis à rire.

Oui, nous vivons dans le quartier cosmopolite de la Gare de Luxembourg. Toutes sortes de cultures, langues, nationalités et classes sociales s’y côtoient, y compris des millionnaires, des artisans, des commerçants et d’autres types de travailleurs. On y croise également ceux qui gagnent leur vie par des voies moins louables. Et puis, nous y trouvons aussi nos perles rares. J’y reviendrai dans un de mes prochains billets. Bref, c'est un lieu de vie sociologiquement intéressant.

Dans ce billet, je veux partager avec vous mes astuces pour faire face au confinement sans sombrer dans la morosité, la névrose phobique voire la folie douce. Bien sûr, nous sommes biologiquement câblés pour marcher et, en l’occurrence, se promener en forêt ou faire du sport en plein air est ce qu’il y a de mieux. Mais est-ce envisageable en ce moment ?

Au Luxembourg, le confinement est très encouragé mais pas imposé ; c’est du soft lockdown. Donc, se balader en forêt est acceptable et chacun se doit de respecter les distances de confort social (2 à 3 mètres suffisent). Ainsi, les gens peuvent se voir et échanger quelques mots. On parlera volontiers de respect distancing plutôt que de social distancing qui, bien trop facilement, mène à la déréliction et à l’oubli des autres.

Je ne m’attarderai pas sur les bienfaits des bains de nature que ce soit pour la santé physique autant que pour l’équilibre psychologique et le moral car j’ai bien conscience qu’aujourd’hui, cette simple activité est un luxe que ne peut s’offrir la majorité qui subit la privation de liberté de déplacement liée aux formes de confinement sévères et aliénantes exercées par de nombreux états à l’endroit de leurs populations. Ceci dit, « passer au travers » d’un confinement dur tout en gardant un esprit sain dans un corps sain est possible. Voyons comment.

1) Petits exercices

Faire des steps, pratiquer la callisthénie, la méthode Pilates, le Yoga ou encore le Tai chi chuan chez soi, tout est possible. Toutefois, tout n’est pas « socialement praticable ». Par exemple, mes voisins de l’appartement du dessus font de la corde à sauter fréquemment (je crois) et il n’est donc pas très facile de travailler ou de lire dans ces conditions… mais c’est justement là qu’est l’opportunité de participer au mouvement plutôt que de s’y opposer car, au final, ce qui importe, c’est de découvrir la forme d’accompagnement qui nous permette de trouver et de garder la motivation.

Ainsi lorsque mes voisins entament des activités rythmiques et bruyantes, je me mets au diapason et fais des steps avec des moyens tout simples : en chaussettes, en montant les pieds, à tour de rôle, sur un coussin posé à même le sol ; j’essaie de garder le rythme et je compte les répétitions. Les steps stimulent les muscles des mollets qui sont connus comme « le second cœur » car ils jouent un rôle important dans notre santé et notre bien-être. Cet exercice a amélioré sensiblement ma circulation sanguine : au revoir la sensation de « jambes lourdes ».

Il est un autre très bon exercice que je pratique tous les jours. Je ne le recommande toutefois pas aux personnes souffrant ou ayant souffert de tassement de vertèbre ou de toute autre forme de dommage de la colonne vertébrale ou des disques intervertébraux. Il s’agit du Kakato otoshi (ou littéralement « tomber sur les talons »), un exercice créé et recommandé par des docteurs comme Minoru Kamata (à Nagano) qui nous montre lui-même la technique dans la vidéo ci-contre, de 2 min. 10 sec. à 3 min. 10 sec. L'exercice se pratique debout, en espaçant légèrement les pieds. On se hisse alors sur la pointe des pieds et on se laisse retomber. Au moment où le talon touche le sol, un léger influx nerveux (petit choc électrique) se crée qui remonte jusqu’en haut du crâne et libère la substance appelée adiponectine qui solidifie les os en augmentant leur densité. Les autres effets sont de diminuer le cholestérol, de prévenir l’artériosclérose, de régénérer les vaisseaux sanguins dits « fantômes » en les irrigant et de diminuer la glycémie. D’autres effets positifs ont été constatés sur les personnes souffrant d’inflammations chroniques ou d’hypertension. Enfin, cette technique peut aussi freiner voire inhiber l’apparition des premiers signes de neurodégénérescence. Tant de bienfaits pour un exercice si simple.

Je fais 30 répétitions par jour (par exemple, en attendant de traverser au feu rouge ou pendant qu’on prépare ma pizza à emporter). Dans ce registre, si vous êtes dynamique et jeune, la forme extrême de l’exercice est certainement la danse Maasaï tandis que la forme la plus souple (peut-être même compatible avec une faiblesse vertébrale) est l’étirement au ciel du Yoga.

Si vos voisins ne sont pas comme les miens, alors essayer d’entretenir la motivation avec quelqu’un partageant le même toit. Quand ce n’est pas possible, il y a Internet où vous trouverez un challenger ou même un coach (comme Sarah Ourahmoune) en recherchant ce qui touche à la gamification du sport à domicile. Et puis, il y a les sites-portails vidéos regorgeant d’initiations aux sports listés ici.

Pour en terminer avec cette petite revue, je dois citer le massage shiatsu car c’est quelque chose de très sympa après le sport et puis, les bases peuvent aussi s’apprendre par les vidéos postées en ligne. D’après les normes reconnues par l'OMS en 2006, nous comptons dans notre corps au moins 361 points sensibles (appelés « temples » ou tsubo). Certains de ces points sont réflexifs et leur massage régulier fait beaucoup pour la détente globale du corps, l’apaisement des douleurs et la quiétude.

Restez en bonne santé !

p.s. Cette semaine, j’ai reçu une longue lettre attentionnée de Noboru Ogura Sensei, le Président de la All Japan Kendo Federation. Sa lettre envoyée l’année dernière lui a été retournée une première fois avant qu’il ne la renvoie et qu’elle nous arrive finalement. Il ne peut venir enseigner en Europe pour le moment mais il me recommande de profiter pleinement de la vie. Les pratiquants d’arts martiaux (ou Budō-ka) sont connus pour garder une attitude positive et une bonne santé en général. Je pense qu’ils doivent cela à leur maîtrise de la respiration. Ainsi, expirer correctement est très important car, sans cela, l’inspiration ne profite pas complètement au corps. Donc, mon conseil est de ne pas oublier de prendre le temps de rire car cela entraine naturellement une bonne respiration !

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