A propos de la Communauté

Social-issues.org est une plate-forme dédiée à la collaboration dans les sciences sociales afin de procéder à des recherche (au moyen d'eLaboratoires), de synchroniser les efforts, pour discuter les problématiques sociales, pour apprendre et grandir.

Ci-dessous, vous pouvez lire la traduction d'un extrait du document intitulé "Development of a Platform Dedicated to Collaboration in the Social Sciences" de Jadoul, R. et Mizohata, S. présenté lors de la conférence internationale IADIS CELDA (Cognition and Exploratory Learning in Digital Age) 2007, en Algarve, Portugal, du 7 au 9 décembre, 2007.

1.    INTRODUCTION

Les définitions du mot « laboratoire » ont évolué et sont devenues plus larges au fil du temps. Dans son acceptation la plus générale, d’après le dictionnaire Merriam-Webster, un « laboratoire » est « un endroit fournissant des opportunités pour l’expérimentation, l’observation ou la pratique dans un champs d’étude ». Le dictionnaire Cambridge Advanced Learner ajoute quant à lui la dimension « d’enseignement » à la définition. Quoiqu’il en soit, toutes ces définitions s’accordent sur la nécessité pour un laboratoire d’être à la fois conçu et équipé de manière appropriée.

Néanmoins, notre définition est évidemment quelle que peu simpliste pour ceux qui connaissent la réalité d’un laboratoire, mais également assez vague pour ceux qui n’y ont jamais travaillé. Nous pourrions ajouter qu’un laboratoire devrait aussi être un environnement contrôlé et sûr pour les laborantins et leur travail. Le laboratoire devrait fournir l’appareillage scientifique nécessaire à la collecte de données et à l’analyse, ainsi que les mécanismes permettant l’enregistrement des modes opératoires et des activités qui lui sont liées. Les chercheurs en laboratoire ont pour habitude d’utiliser un bloc-notes pour y consigner leurs réflexions et un tableau blanc pour partager des idées avec leurs collègues. À côté du laboratoire lui-même, il devrait y avoir ces endroits dédiés aux pauses-café où les nouvelles idées peuvent être échangées avec les autres. « Le laboratoire » est donc un environnement complexe combinant à la fois des espaces privés et publics et comprenant tout ce qui est nécessaire à l’accomplissement de nombreux types de tâches. « Un laboratoire virtuel » ou « eLaboratoire » devrait fournir toutes les facilités décrites ci-dessus peut-être avec certaines limitations et sûrement avec quelques améliorations.  Cela constitue le point de départ de notre communauté.

Social-issues.org est une plate-forme collaborative utilisée par une Communauté en-ligne (principalement centrée sur la sociologie) pour conduire des recherches (utilisant un eLaboratoire), pour synchroniser les efforts, pour discuter les problèmes, pour apprendre et faire évoluer la compréhension des problèmes de sociétés. Dans cette communication, nous présentons tout d’abord les concepts fondateurs de la Communauté social-issues.org. Ensuite, nous introduisons la plate-forme et explorons certains de ses composants : le laboratoire, les outils de publication et un module particulier appelé l’endroit de « la pause-café ». Par après, nous illustrons comment le système est utilisé dans un projet de sciences sociales. Finalement, nous concluons sur les perspectives de la Communauté.

2.    CONCEPTS FONDATEURS DE LA COMMUNAUTE

2.1 Etiquette et politique de la Communauté

La Communauté est dédiée à la libre expression des idées relatives aux problématiques sociales. Une Communauté ouverte et d’expression libre n’est pas synonyme anarchie. Elle nécessite de ses membres le respect des différences et de la dignité des autres.  Nous pouvons engager des discussions stimulantes et même critiquer sans appréhension sans pour autant blesser. Aucune attaque personnelle ne sera tolérée.

Des règles sont applicables aux travaux publiés en quelque endroit du site communautaire. En conséquence des modérateurs peuvent, par exemple, exiger d’un auteur que les références utilisées dans ses publications soient citées quand elles n’y figurent pas clairement. Les modérateurs peuvent également bloquer un article (dans un blog, un livre ou encore dans le forum) quand son contenu enfreint un copyright. Ils pourraient aussi retirer ou limiter l’accès des utilisateurs qui ne se conformeraient pas aux principes de la netiquette.

Toute contribution est la bienvenue tant que le travail produit respecte les standards de professionnalisme et d’intégrité académique. La Communauté n’exclura aucun participant ou contributeur potentiel à cause de ses affiliations. En effet, même si les premiers eLaboratoires hébergés au sein de la Communauté reposent sur la théorie des capabilités, celle-ci n’est qu’une théorie parmi d’autres et de futurs laboratoires pourraient choisir d’autres approches afin d’adresser des sujets tels la pauvreté, le SIDA, la violence domestique, les droits de l’Homme, etc. Participer à la Communauté social-issues.org peut revêtir différentes formes. Alors qu’un individu peut être l’auteur d’articles dans un blog, une autre personne pourrait simplement réagir à un article en laissant des commentaires. Dans le forum, l’un peut poser des questions auxquelles d’autres répondront.

2.2 Les rôles utilisateurs aux seins de la Communauté

Les visiteurs du site web sont a priori des lecteurs autorisés à consulter les nouvelles, les annonces, le forum public, les publications partagées et les livres publiés en-ligne. Ils peuvent laisser des commentaires sur les articles de blog. De plus, en conjonction avec le travail des modérateurs, ils contribuent à maintenir les contenus publiés « propres », c’est-à-dire libres d’abus.

Les participants peuvent être des scientifiques développant des théories liées aux problèmes de société, des praticiens et activistes évoluant dans le « monde réel », des représentants d’organisations sans but lucratif, des doctorants voulant contribuer au domaine, des politiciens désirant expliquer clairement comment leur gouvernement adresse un challenge social particulier ou n’importe quelle personne ordinaire mais intéressée à prendre part de manière active dans une thématique liée à la sociologie.

Les participants anonymes s’enregistrent avec un minimum d’information : un pseudonyme et une adresse de courrier électronique valide. Ces participants peuvent contribuer au forum public. Moyennant quelques informations signalétiques supplémentaires, le statut de participant identifié offre des droits d’accès étendus.  
Un participant identifié reconnu comme étant un professionnel actif dans les sciences sociales obtient le droit d’ouvrir et d’animer un blog au sein de la Communauté social-issues.org. Les participants identifiés peuvent également accéder à l’endroit de « la pause-café » qui est un forum privé particulier où il est possible de démarrer une discussion avec un petit groupe d’autres membres invités.

Les participants identifiés peuvent gérer leur propre eLaboratoire privé sur la plate-forme afin de procéder à des recherches. Ils peuvent également être invités dans un autre eLaboratoire par son ou sa responsable.

Les modérateurs vérifient que les contenus produits sont bien conformes aux politiques de la Communauté. Comme les modérateurs ne peuvent lire tous les contenus publics hébergés sur la plate-forme, il existe des mécanismes permettant à n’importe quel utilisateur (y compris ceux qui ne seraient pas enregistrés comme membre) de soumettre une contestation vis-à-vis de n’importe quelle information publiée.

2.3 Aperçu organisationnel de la Communauté

Dans le schéma ci-dessous « figure 1, une vue organisationnelle simplifiée des composants principaux de la Communauté », le point d’entrée du système est un portail qui agrège les articles les plus récents issus des blogs hébergés sur social-issues.org, les derniers sujets de discussion publiés dans le forum public, les feeds provenant des blogs et des sites web non-hébergés par la Communauté (mais traitant de sujets pertinents). Ce portail fournit aussi des nouvelles des développements de la Communauté, les annonces de conférences, etc.

Notez que ce schéma ne montre qu’une partie des relations existantes entre les composants du système.

Figure 1. Une vue organisationnelle simplifiée des composants principaux de la Communauté.

Quand les participants identifiés se sont authentifiés dans le système, ils entrent dans leur propre espace de travail qui peut-être adapter à leur convenance. Ces utilisateurs peuvent accéder au forum privé ainsi qu’à un système de messagerie interne où ils reçoivent des messages et des invitations (pour collaboration, relecture, etc.) envoyés par les membres de la Communauté. De plus, leur boîte de réception peut contenir des rappels d’évènements de leur calendrier privé aussi bien que des calendriers publics auxquels ils se sont inscrits. Des notifications peuvent aussi être envoyées par des agents workflow à propos de tâches devant être accomplies dans un module de la plate-forme (par exemple, dans un laboratoire).

Un participant identifié peut être l’auteur principal d’un blog ; il peut aussi contribuer à un autre blog s’il y est invité par son auteur principal. Il peut aussi démarrer ou contribuer à l’écriture d’un livre en-ligne.

Le forum public est un outil commun de nos jours. Sur social-issues.org, même si le forum est complètement libre d’accès en lecture et en recherche, l’inscription de base (comme participant anonyme) est requise pour poster des questions ou y répondre. Le forum privé (avec son endroit « pause-café ») et les laboratoires sont plus intéressants et plus riches au niveau fonctionnel. Ils sont décris dans la section suivante.

3.    DESCRIPTION DE TROIS COMPOSANTS CLES DE LA PLATE-FORME

3.1 Le eLaboratoire

L’aspect le plus significatif du composant eLaboratoire repose sur un système de gestion de données capable de gérer des ressources sémantiques organisées en ontologie. Le Centre de Recherche Henri Tudor et l’Université du Luxembourg ont développé ce moteur générique et souple de gestion d’ontologie appelé GeneriSSSS (Generis4, Generic Information System to Shape, Share, and Store the Knowledge).

3.2 Les outils de publication

3.2.1 Blogs

Un aspect technique important est que les articles publiés dans les blogs sont disponibles dans différentes langues : arabe, chinois, anglais, français, finnois, japonais, espagnol, urdu, etc. Dans tous les cas, pour tout article posté, les auteurs se doivent de fournir un court résumé (contenant les mots clés) en anglais. Cela favorise les liens sémantiques et enrichit les résultats des requêtes de recherche faites par les visiteurs.

Dans tous les cas, les modérateurs sont les garants que ce qui est publié ne porte pas préjudice à la bonne réputation de la Communauté.

3.2.2 Livres

N’importe quel participant identifié peut écrire un livre en-ligne personnel. Ce livre privé peut-être partagé par son auteur avec d’autres membres de la Communauté.

Quand un participant identifié désire démarrer l’écriture d’un livre en-ligne public, elle ou il doit d’abord écrire un résumé et l’envoyer à la Communauté afin d’évaluation. S’il n’y a aucune objection, l’écriture publique peut commencer.

L’auteur d’un livre public est responsable de l’organisation de son contenu et de la gestion des efforts de contribution (la responsabilité peut néanmoins être partagée). Cependant, un modérateur est toujours attaché à la production d’un livre. Le modérateur ne contribue pas à son écriture. Le modérateur peut néanmoins agir comme conseiller et/ou comme éditeur. La traduction d’un livre préexistant est également de la responsabilité d’un auteur principal sous la supervision d’un modérateur. Les livres privés peuvent devenir publics si toutes les conditions sont respectées (présence d’un résumé, contenu valide et « propre », etc.)

Concernant l’élaboration d’un livre en-ligne, l’endroit de « la pause-café » est souvent la meilleur place pour démarrer une telle initiative, pour collecter les feedback et pour recruter des volontaires (pour l’écriture,  l’édition, la collecte de matériel documentaire, etc.)

3.3 L’endroit de « la pause-café »

Pourquoi avons-nous choisi de nommer le forum privé, l’endroit de « la pause-café »? Cela ne pouvait être « la cafétéria » car une cafétéria est trop statique. C’est-à-dire que c’est typiquement l’endroit où les gens, une fois assis, font rarement l’effort de se remettre debout pour aller parler avec d’autres personnes. Par opposition, le coin de la pause-café est plus dynamique. Habituellement, les gens ne s’y asseyent pas mais restant à proximité de la machine à café, ils vont et viennent passant d’une personne à un groupe, échangeant quelques idées, écoutant brièvement et puis ils se déplaçent à nouveau. Il se peut que tout ne soit pas toujours intéressant et/ou pertinent, mais c’est généralement riche. C’est là la magie de l’endroit de « la pause-café »