Comment tenir bon durant le confinement ? Notre cas luxembourgeois (2)

Résident permanent

2) DIY : Réparer et recycler les choses

Cet objet non identifié a été sauvé par mon compagnon des poubelles de notre immeuble d’où il essayait de s’échapper... je parle bien du petit alien et pas de mon compagnon… :-) Après une bonne séance de nettoyage pour les deux (douche et lavage à la main… je vous laisse deviner qui a pris l’option douche), le nouveau venu est resté assis dans le salon pendant quelques mois en attendant les pièces pour le réparer.

Dans l’intervalle, mon bricoleur a fini de recoudre son sac-à-dos (que le cordonnier refusait de réparer), en utilisant des outils qu’il n’avait encore jamais vus (achetés sur Internet à un prix très modeste : 25 euros) et en apprenant les techniques de couture du cuir grâce à des vidéos trouvées en-ligne. Le sac est à présent plus solide qu’il ne l’a jamais été.

Ojujin avec masque OUNI Ojujin avec masque orange

De mon côté, j’ai fabriqué deux masques en recyclant un sac de chez OUNI (et un bandage faisant office de ficelle) pour l’un et une vieille chemise (avec la ficelle du sac de chez OUNI) pour l’autre.

Avec nos propres mains, nous pouvons tant faire, des choses les plus simples jusqu’au plus ardues. Réparer apaise et donne un sentiment d’accomplissement dans ces temps si atypiques.

3) Trouver un nouveau passe-temps

Il y a quelques semaines, au début du confinement, notre ami Mr B, un pur Taïwanais-Belgo-Luxembourgeois, a commencé à apprendre la langue japonaise. Un autre ami Taïwanais parle déjà 7 ou 8 langages couramment. Ce dernier a appris le japonais en faisant du karaoké et, maintenant, il apprend le suédois en chantant les succès du groupe  ABBA en version originale. De mon côté, j’essaie d’améliorer mon Luxembourgeois, en écoutant Serge Tonnarmee et ass net einfach !.

Oiseaux romantiques

Avez-vous remarqué que si nous sommes contraints de réduire notre activité et les diverses sortes d’émissions polluantes qu’elle engendre, l’activité des oiseaux, elle, est en augmentation comme l'a rapporté John Fitzpatrick du Laboratoire d’Ornithologie de Cornell, de sorte que ce printemps fait du Luxembourg un petit paradis idéal pour nidifier en paix !

Après la romantiques - des nids partout

Si vous venez à vous intéresser aux oiseaux qui réinvestissent votre voisinage, sachez qu’il existe différents outils informatiques pour, par exemple, identifier les oiseaux par leur chant (https://birdnet.cornell.edu/).

Avec un petit peu d’ingéniosité, il est même possible d’aménager une mangeoire sur le rebord extérieur d’une fenêtre et de caler son téléphone portable à proximité pour prendre des photos ou des vidéos.

De mon côté, j’utilise une autre application mobile pour identifier plantes et autres fleurs sauvages. Dans mon cas, cela prouve bien le dicton anglais : « Even old dogs can learn new tricks! »

4) Faire pousser des choses que nous mangerons

Faire pousser des légumes et des fleurs, c’est fun ! L’an dernier, j’ai fait pousser des tomates sans engrais chimiques industriels ni pesticides. À la place, j’ai utilisé des micro-organismes efficaces (ou EM pour Effective Microorganisms) donnés par un ami allemand passionné de jardinage bio. En complément des EM, je pense qu’il est bon d’ajouter de la terra preta et du mokusuéki – ou en français, acide pyroligneux, un mélange de fumée et de suie (produit lors de la pyrolyse du bois à l’origine du charbon de bois) refroidi et rendu liquide par un processus technique.

Sans mokusuéki, il est quand même possible de se débrouiller. Ramassez des fragments de bois très calcinés, de ceux qui restent après un barbecue ; mettez-les dans un sac solide et réduisez le tout en miettes avec un gros marteau ; après concassage, videz miettes et poussière dans un seau avec un peu de terreau et les déchets organiques végétaux issus de la cuisine (coupés en petits morceaux) ; arrosez copieusement le tout avec une solution créée au préalable en laissant macérer quelques jours des restes de choux, de brocolis et/ou de choux-fleurs dans un récipient en céramique rempli avec une bouteille d’eau minérale (pas d’eau du robinet, surtout si elle sent le chlore ou est trop chargée en fer ou en calcaire). Ensuite, mixez ; le produit final doit ressembler à une mélasse bien liquide ; s’il n’y a pas assez d’eau, il vaut mieux ajouter de l’eau de pluie ou, à défaut, de l’eau du robinet qu’on aura laissée décanter au moins 24 heures pour que les résidus chlorés s’évaporent. Voilà ! il reste à couvrir le seau avec un couvercle et à laisser fermenter au moins 4 semaines… mais gardez le seau à l’extérieur et assez loin des voisins à cause de l’odeur. Après, vous pourrez utiliser cette mélasse (à mi-chemin entre la terra preta et le mokusuéki) en la mélangeant à la terre de vos plantes (potagères ou florales). Une fois la mélasse ajoutée à de la terre, l’odeur s’en va mais les nutriments restent.

C’est très gratifiant de produire soi-même une partie de sa nourriture !

5) Préparez votre propre repas

Je trouve la cuisine amusante. Je m'essaie à de nouvelles recettes comme le hachis Parmentier, les Shūmai ou encore le Tom Kha Kai. Je prépare divers plats : croquettes, pizzas, spaghettis, des sushi, des sauces (par exemple, la Bagna càuda, la béchamel, la sauce au miso, la Mornay, la sauce soja), des gâteaux et même des confitures, tout en imaginant à quels amis ces plats pourraient plaire. Nous essayons de manger des brocolis, de l’ail et du gingembre régulièrement car ce sont trois ingrédients dont les vertus sont reconnues dans la prévention du cancer.

Chez nous, la soupe miso est aussi un incontournable. En faisant bouillir de l’eau à laquelle j’ajoute un bouillon de légumes ou de poisson et tous les légumes trouvés dans le réfrigérateur. D’abord, on ajoutera les légumes les plus durs comme quelques daikon (radis) ou daikon secs, les carottes et les pommes de terre ; ensuite viennent oignons, shiitake, champignon énoki, algues wakame, agé (tofu mince frit), tofu, etc. À la fin, on arrête le feu et on met le miso. On peut ajouter des oignons verts finement coupés et un œuf battu, s’il n’y a pas grand-chose dans la soupe.

Les aliments fermentés comme le miso sont bons pour la santé. Pour l’apéro ou comme à-côté avec des légumes frais coupés en bâtonnets, je prépare également une sauce « trempette » sur base d’une recette que m’a apprise une nutritionniste à Chicago ; c’est un mélange de graines de sésame rôties que je mouds à la main, de mayonnaise bio, de miso, de sucre et de vinaigre.

Nous ne sommes pas végétariens et mangeons de la viande de temps en temps. Le plus facile est de faire mariner le filet mignon de porc (ou du poisson à chair blanche) dans du miso en y ajoutant du saké et du mirin (ou saké sucré) pendant quelques heures (ou jours, suivant vos goûts). Ensuite, il faut essuyer légèrement l’excédent de miso, pour finalement faire griller la viande et la couper (en tranches de 5-7 mm pour le porc). Et voilà, c’est prêt ! Bon appétit !

À côté de cela, il y a autre chose qui nous plaît beaucoup : l’odeur des fraises qui cuisent doucement lorsque nous préparons des confitures. Elle se répand dans tout l’appartement ; un vrai bonheur !

Comments

Post new comment

  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Lines and paragraphs break automatically.

More information about formatting options

CAPTCHA
This question is for testing whether you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.